vendredi 14 décembre 2012

Ninotchka - Ernst Lubitsch (1939)

Ninotchka Yakouchova, bolchévique convaincue et incorruptible débarque à Paris pour conclure une vente de bijoux confisqués lors de la révolution à la Grande Duchesse Swana, mais aussi pour reprendre en main les trois représentants de commerce envoyés précédemment pour exécuter cette mission. Ces derniers, grisés par la vie parisienne ont oublié bien vite les idéaux de la révolution prolétarienne et ont trop rapidement attirés l'attention sur les bijoux de la duchesse... Dés son arrivée dans la capitale, Ninotchka est repérée par le comte d'Algout qui cherche à mettre la main sur les bijoux pour les restituer à Grande Duchesse exilée à Paris dont il est l'amant. Le comte charmé par l'agent soviétique va bien vite oublier la Grande duchesse...
"Garbo laughs",  ainsi fut lancée cette comédie de Ernst Lubitsch. Avant-dernier film de l'actrice suédoise, c'est aussi la seule comédie de sa filmographie où par un simple éclat de rire dans un bistrot parisien elle nous offre peut être la plus belle scène de rire de l'histoire du cinéma .  Derrière l'apparente légèreté du propos, Ernst Lubitsch  dénonce sans ambiguïté les dérives staliniennes et l'absurdité du système soviétique avec une ironie décapante qui n'épargne pas non plus le capitalisme. Si le cinéaste n'a pas peur d'utiliser les grosses ficelles de la comédie, son cinéma est toujours aussi subtil ; ainsi à travers le simple usage d'un chapeau il nous fait comprendre que l’héroïne a définitivement succombé aux plaisirs de la vie parisienne et au consumérisme de la société capitaliste. Ce film est avant tout une ode à l'amour et au rire, un film optimiste où le cinéaste semble croire que la vie parisienne peut avoir raison de toutes les dérives de son temps, où un aristocrate français et une jeune communiste soviétique peuvent tomber follement amoureux. Une comédie irrésistible !
Billy Wilder un des scénaristes du film revient sur ce film dans son livre d'entretien avec Cameron Crowe il donne notamment sa définition de la Lubitsch touch:

"C'était l'utilisation élégante de la "super plaisanterie". Vous avez une plaisanterie et vous en êtes satisfait, et puis vous en ajoutez une autre encore mieux par-dessus. Celle qu'on n'attendait pas. C'était ça, la Lubitsch Touch"

Film vu dans le cadre : "2012 année de la comédie américaine"

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