dimanche 21 août 2016

Dernier Train pour Busan - Yeon Sang-Ho

Un étrange virus se répand en Corée, des hommes et des femmes se transforment en Zombies particulièrement agressifs vis à vis des bien portants ... Ils ne font qu’accélérer la propagation du virus. L'ultime chance, prendre le dernier train pour Busan, dernière ville à offrir semble-t-il  un espace de sécurité... Le héros de ce film se retrouve un peu par hasard dans ce train, où il accompagne sa fille qui souhaite pour son anniversaire voir sa mère séparée de son père ...
Évidemment un zombie s'est introduit dans le train, le voyage s'annonce compliqué et tumultueux. Film catastrophe où l'urgence révèle la vraie nature des personnes, si la majorité ne fait preuve d'aucune initiative se contentant de suivre le mouvement général toujours prêt s'il faut, à participer à un lynchage sans aucune forme de discernement, d'autres révèlent un vrai courage. Enfin nous retrouvons ceux qui sombrent dans la lâcheté et l'individualisme prêt à tout sacrifier pour sauver leur peau... Schéma classique!
Ce film est une petite merveille, il nous offre des moments d'action haletants dans un espace réduit, c'est déjà là un exploit cinématographique. C'est parfaitement construit avec une dose d'humour nécessaire pour ne pas faire sombrer le spectateur dans l'effroi.Si les zombies sont très méchants ils ne sont  pas très futés.Cela  laisse une fenêtre d'espoir aux rescapés certes de moins en moins nombreux de trouver une issue favorable. Après le très réussi Snowpiercer de Bong Joon Ho, un autre cinéaste coréen nous offre un nouveau voyage apocalyptique en train  et c'est particulièrement réussi ... nous ne savions pas que nous pourrions autant aimer un film de zombies.

samedi 20 août 2016

Predator - John Mac Tiernan

Le Major Dutch, et ses hommes forment une compagnie d'élite, ils sont envoyés par la CIA dans une forêt d’Amérique Centrale pour récupérer des otages de premier plan retenus par des guérilleros. Dutch arrive sur place, il met rapidement hors d'état de nuire les guérilleros mais les otages ont été exécutés, seule une femme a survécu à l'attaque. Il ne reste plus qu'à rentrer, sauf que nous avons vu au début du film , un vaisseau spatial traverser le ciel ... Et très rapidement les hommes de Dutch qui ont tous survécu à l'attaque du camp se retrouve confronté à une force obscure qui décime les rangs des mercenaires... tout devient inquiétant, on n'en a jamais fini avec les forces du mal. Dutch se retrouve seul avec la jolie dame...On est à Hollywood, c'est l'heure où cela commence à aller mal pour la bête immonde ...
C'est du cinéma américain, époque Ronald Reagan, une Amérique qui aime les muscles et qui veut nettoyer le pays du Sud des méchants communistes... C'est du cinéma viril avec des blagues à deux balles censées déclencher les rires gras dans la salle, une époque où Sylvester Stalonne et Arnold Schwarzenneger se partageaient les blockbusters hollywoodiens ...
John Mc Tiernan est aux manettes de ce film et il convient de reconnaitre que c'est un maitre du genre, il tient parfaitement son récit, utilise avec intelligence les effets spéciaux, et ce film tient parfaitement la route trente ans plus tard. C'est un must du cinéma Hollywoodien des années 80 !

vendredi 19 août 2016

Stefan Zweig, adieu l'Europe - Maria Schrader

1936, Stefan Zweig a définitivement quitté l'Europe. il est reçu en Amérique comme une véritable star, il part à la découverte de cette partie du monde. Il s'installe au Brésil avec sa jeune épouse Lotte où il reprend son œuvre littéraire alors que l'Europe subit la terreur nazie. Il fait un voyage à New-York où il retrouve son épouse précédente, il annonce l'écriture d'une autobiographie.
Alors que son œuvre littéraire semble achevée avec son dernier ouvrage, Le monde d'hier souvenirs d'un Européen, que la situation en Europe sombre dans la tragédie, l'écrivain choisit de suicider avec sa jeune épouse, épuisée par des crises d'asthme à répétition ...
Il nous faut bien l'avouer,  nous sommes allés voir ce film, pensant découvrir un biopic convenu or ce fut une réelle surprise, un vrai enchantement. L'idée de décrire les dernières années de la vie de l'écrivain à travers une série de vignettes autour des épisodes de son exil permet d'éviter un récit lénifiant... A son arrivée sur e sol sud-américiain, l'écrivain refuse de s'engager, sur la situation politique allemande, se considérant hors de situation par son éloignement, il considère  qu'on ne peut être résistant lorsqu'on ne risque plus rien, il souhaite se consacrer à son œuvre ce qui n'est pas sans agacer ses relations qui attendent beaucoup de l'écrivain  alors une véritable star, reçu partout avec les plus grands honneurs.
Nous avons une véritable admiration pour l’œuvre de Stefan Zweig, pour le personnage européen convaincu, pacifiste ... et nous l'avons retrouvé dans ce film qui ne sombre jamais dans l'hagiographie lisse, l'homme n'est pas sans défaut et c'est cela qui le rend encore plus passionnant. Un film qui donne envie de replonger dans l’œuvre immense de Stefan Zweig !

jeudi 18 août 2016

Masculin Féminin - Jean-Luc Godard

Lui revient du service militaire, il milite contre la guerre du Vietnam, lit la presse, c'est un enfant de Karl Marx ... Il cherche du travail qu'il finit par trouver dans un institut de sondage. Il tombe amoureux d'une jeune fille croisée dans un café, il lui fait la cour assidument ...
Elle rêve de devenir  chanteuse, elle enregistre un premier 45 tours, elle ne s’intéresse pas à la politique mais plus à la mode, les produits de consommation, c'est une enfant de Pepsi Cola . Elle vit avec une copine, elle est plus préoccupée par sa carrière artistique que par les discours de ce jeune homme amoureux croisé dans un bar. Avoir un amoureux, en même temps, c'est chouette...
Lui, c'est Jean-Pierre Léaud, il est magnifique, il illumine l'écran par sa présence.
Elle c'est Chantal Goya, elle apporte sa fraicheur et son innocence de  jeune fille bien loin des préoccupations de son temps. La copine avec qui elle partage sa chambre, c'est Marlene Jobert et ses taches de rousseurs qui allait devenir la décennie suivante une des actrices les plus populaires et les plus séduisantes du cinéma français.

Masculin Féminin est une comédie sociologique de Jean-Luc Godard qui montre le visage de la jeunesse des années 60 alors que la campagne de l'élection présidentielle bat son plein. D'un coté une jeunesse insouciante qui se moque des affaires du monde, de l'autre une jeunesse qui se bat contre l'impérialisme américain et la guerre Vietnam et qui se revendique proche de la classe ouvrière. Tous sont portés par un désir commun de pouvoir faire l'amour librement sans souci d'une grossesse non désirée, la pilule va changer le monde. Godard filme admirablement la jeunesse et les mutations de la fin des années 60. Masculin Féminin est ressorti dans une version restaurée, ce film pourtant ancré dans son époque n'a pas pris une ride, il a gardé toute sa fraicheur  et se laisse revoir avec un vrai plaisir !

mercredi 17 août 2016

Toni Erdmann - Maren Ade

Ines travaille dans une société de consultant, son travail est de mettre en place pour des sociétés des plans de restructuration... Elle fait le sale boulot pour des entreprises qui cherchent à toujours améliorer leurs profits sans directement assumer leurs décisions. Sa mission l'a installée à Bucarest, dans une Roumanie en pleine évolution économique. Son père débarque sans la prévenir.
Personnage facétieux, et sans aucune finesse, il s'introduit dans son monde professionnel créant un personnage grotesque Toni Erdmann. Qui est il? Un père qui veut faire réagir sa fille sur la véritable nature de son travail, un homme au bord de la dépression qui n'accepte pas sa vie de solitaire, perdu depuis la mort de son chien et usée par les visites rendues à sa vieille mère malade... Nous ne le saurons jamais vraiment.
Toni Erdman est le film qui a fait le buzz au dernier festival de Cannes, il avait alors semble-t-il enthousiasmé l'ensemble de la critique. Nous sommes donc allés découvrir avec impatience cette comédie allemande de 2H40.
A l'arrivée ce fut une déception immense, une mise en scène d'une totale platitude sans aucun rythme, des blagues de potache qui tombent à plat et parfois sombrent dans une vulgarité totale ... le personnage du père reste un mystère bien que son comportement dans la scène d'ouverture avec un facteur venant lui livrer un paquet nous ferait conclure tout simplement que c'est un gros con insupportable  .... Au final c'est un film qui ne dénonce rien de notre monde, Toni Erdman est une véritable purge cinématographique de 2h40 à éviter et nous nous félicitons de la clairvoyance du Jury du festival qui a su avec tact le laisser en dehors du palmarès !

lundi 15 août 2016

Pauvres Millionaires - Dino Risi

Un frère et une sœur  se marient le même jour à Rome, puis les quatre mariés doivent partir par le même train pour passer leur lune de miel à Florence .... mais suite à d'improbables quiproquos, les deux couples ne parviennent pas à rester à Florence et terminent dans un appartement en rez de chaussée à Rome dans un appartement en travaux qui n'a toujours pas de fenêtres. Pas très sexy pour de jeunes mariés ... et ce n'est que le début de leurs mésaventures où le plus couillon des deux se retrouve nommé patron du second.
Dino Risi filme l'Italie de l’après-guerre dont la jeunesse rêve de confort bourgeois, de nouveaux appartements... Ils enchainent les gags avec virtuosité mais derrière ces facéties nous retrouvons son ironie acerbe et critique des goûts nouveaux . C'est le début de la société de consommation dont  le réalisateur pressent les dangers ...
Moins sombre que le fanfaron qu'il tourne quelques années plus tard, ces héros sont ici de gentils "crétins" , cette comédie que l'on aurait peut être tort de considérer comme mineur dans la filmographie du cinéaste Italie a gardé toute sa fraicheur. Nous avons passé un excellent moment !

dimanche 14 août 2016

Jason Bourne - Paul Greengrass

Jason Bourne est de retour, le vrai avec Matt Damon pour incarner le héros  et Paul Greengrass aux manettes. Sa mémoire va de mieux en mieux, là c'est l'histoire de son père qui remonte en surface... un père qui faisait partie de la CIA mais pas dans dans le domaine opérationnel, pourtant il fut victime d'un attentat à Beyrouth juste après avoir rencontré son fils, cette mort décida de l'engagement de ce dernier dans les services secrets . C'est cet épisode qui revient en mémoire à notre héros...
Une histoire qui va à nouveau le fâcher avec son ancien employeur et qui l'oblige à refaire surface alors que sa tête est toujours mise à prix par les services américains. Jason Bourne a le monde contre lui mais il est trop fort, et il finit toujours par tomber sur une femme qui vient lui donner un petit coup de pouce pour le maintenir en vie... L'air de rien , d'épisode en épisode notre héros continue de nettoyer l'agence américaine de ces mauvais éléments. Pourra-t-il réintégrer à terme la C.I.A? Suite au prochain épisode...
Autant nous n'avons jamais aimé James Bond, autant nous aimons Jason Bourne et le savoir faire de Paul Grenngrass... Nous avons aimé cet épisode, même si nous n'avons pas été fan de la deuxième poursuite au cœur de Las Vegas bien trop longue à notre goût où en quart d'heure il a dû être claqué l'équivalent du budget d'au moins trois films de Eric Rohmer ...

Nous vivons dans un monde inquiétant et mieux vaut ne pas trop compter sur la CIA pour le rendre plus sûr. Nous sommes quand même sortis joyeusement de la salle de cinéma !

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